P130 Coccinelle Impressions de vol

 

Par Grégory Creel

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Nous sommes au mois de septembre et même en région parisienne il fait beau... Nous sommes en train de discuter (comme d'habitude) lorsque nous parvient le bruit inhabituel d'un moteur inconnu. C'est incroyable comme beaucoup d'appareils sont facilement identifiables par leur signature sonore : résonance métallique des structures aluminium ou bruit sourd d'une cellule en bois...

Et ce jour là, le bruit qui nous parvient ne ressemble à rien que je connaisse. Petit coup d'œil par dessus le hangar pour apercevoir un petit appareil dont la contre flèche donne l'impression que le fuselage a du mal à rattraper les ailes... Pas de doute c'est bien le proto du P 130 Coccinelle qui vient nous rendre une petite visite accompagne‚ d'un P 180 qui nous confirme la provenance des Mureaux. Le joli bruit c'est celui du mariage de l'hélice Evra et du moteur JPX équipé de son pot d'échappement accordé sur la cellule bois de la Coccinelle. Aux commandes, Jean Pottier se pose et je me garderais bien de porter un jugement sur son atterrissage eut égard à ma propre performance. L'avion roule jusqu'à notre hangar: il est magnifique sous sa livrée bleue et jaune et ressemble à un appareil de bande dessinée. J'en complimente d'ailleurs Jean Pottier qui me propose illico de faire un petit vol sur la bête

Le petit tour de la machine et la prévol des guignols et de la lame de roulette de queue en bois confirment le coté sain et pourtant ludique de la machine. A bord, l'ergonomie permet à deux bons gabarits de se sentir à l'aise et l'habitacle est suffisamment profond pour pouvoir régler à sa guise l'inclinaison de son dossier. Nous ne nous gênons pas et l'ensemble des commandes tombe bien sous la main sous réserve d'être habitué à piloter de la main gauche en ayant les gazs dans la main droite. Coupe batterie 0K, mixture sur riche, gazs réduits et magnétos sur ... "un" puis qu'il s'agit d'un moteur à simple allumage. Un petit coup de démarreur alors que l'appareil se balance d'une jambe sur l'autre (couple de renversement au démarrage) et c'est parti. On excite l'alternateur et prévient à la radio qu'une coccinelle (divers commentaires vont suivrent sur les ondes...) quitte le parking RSA pour le point d'arrêt 06... Au roulage, la visibilité suffisante permet d'éviter les imperfections du taxiway en conjuguant le palonnier et si nécessaire les freins qui semblent fort efficaces (je me dit qu'il faudra faire attention pour ne pas trop freiner à l'atterrissage). Personne à droite, personne à gauche et c'est parti pour un décollage sur la piste en dur. En fait, celui-ci n'est qu'une formalité et le contrôle de l'axe reste aisé grâce à une gouverne de direction monobloc qui se révélera tout aussi efficace en vol. Eloignement au sud des installations et montée vers 1500 pieds sol pour un local. l'appareil en est au stade des réglage et possède ce jour là une hélice qui ne semble pas un foudre de guerre ni en montée, ni en palier... (la nouvelle hélice, montée depuis, permet d'avoir à pleine charge 750 Ft/mn en montée et 185 km/h en croisière...) Nous montons pourtant à plus de 500 Ft/mn et allons rechercher le vol à plat au alentour de 155 km/h. Palier stabilisé, je vais, comme je le fais tout le temps en voltige, " secouer" l'avion sur ses trois axes. En premier lieu, le palonnier " plus que nerveux" est un régal et conjuguer les ailerons avec la direction pour engager un virage me rappelle d'excellents souvenirs. Concernant le taux de roulis, Jean Pottier a un peu honte car il sait qu'en voltige je suis habitué a tourner ... relativement vite Mais je trouve néanmoins le P-130 suffisamment vif pour un appareil de balade à partir du moment ou la conjugaison est correctement effectuée. La profondeur, quant à elle, est un peu plus lourde que les autres commandes mais reste néanmoins précise et agréable.

L'appareil n'ayant pas encore à ce moment là, effectué ses tests de vol lent, de décrochage et de vrille, je décide d'en rester là et profite du paysage. Nous nous promenons donc quelques minutes en toute quiétude manche lâché, les virages étant effectués uniquement au palonnier, le tangage étant quant à lui corrigé au trim. Après ces quelques ronds dans le ciel, nous prenons le cap nous ramenant vers la vent arrière. C'est en cherchant les éventuels appareils dans le tour de piste (le radio n'est pas obligatoire (dieu merci) à Nangis) que j'apprécie pleinement l'excellente visibilité de la bulle, ma trajectoire agrémentée de balancement d'aile et de petit coup de palonniers devant donner l'impression que je ne vole pas dans mon meilleur état alors même que je prends beaucoup de plaisir à manœuvrer ainsi. Etabli en finale avec la bonne vitesse, tout se présente bien pour l'atterrissage. L'appareil stable et bien trimé donne l'impression de pouvoir se poser tout seul... Au seuil, réduction, début d'arrondi -un poil trop haut- et là: "badaboum" ! Vive la souplesse des lames de train. Nous remettons les gaz pour un second tour de piste. Ma fierté en prend un coup alors même que Jean Pottier me fait gentiment remarquer qu'avec une aile haute l'effet de sol est à limité Il convient donc de garder un filet de gaz jusqu'au ras des marguerites afin d'accompagner l'avion. Le deuxième atterrissage sera -fort heureusement pour mon ego moins catastrophique que le premier. Nous taxions tranquillement jusqu'au hangar du RSA ou tout le monde nous attend en rigolant. Appauvrissement, coupure, nous ouvrons la verrière sans être vraiment pressés de sortir tant il est doux de goutter l'air du soir après un bon petit vol! Voilà, je trouve donc le P-130 très sympathique pour un avion de balade et de loisir. Par certains aspects, il m'a rappel‚ le Piper J-3. Cependant, ses commandes beaucoup plus légères rendent ce petit Pottier plus agréable à piloter. Il ne lui manque peut-être qu'une chose: pouvoir passer un petit tonneau ? ? ?

 

Les Cahiers du RSA 221/222